On ne devient pas grand dans le désordre !

La victoire a mille pères, mais la défaite elle, est orpheline. Cette maxime résume bien la situation dans laquelle se trouvent les Léopards Basket de la République démocratique du Congo. L’heure de gloire de la sélection masculine qui n’avait jamais réussi à faire mieux depuis son existence qu’une lointaine demi-finale en 1976.  Après un quart de finale en 1980, il a fallu 15 ans pour revoir les hommes retrouver les tartans africains en 1995. 

 

La sélection passera par un deuxième trou noir, absent des compétitions de 2007 à 2017.Cependant, l’histoire ne semble pas avoir édifié les instances du sport congolais. 
Alors que le basketball commençait à sortir de sa torpeur, la négligence et d’autres écueils en minent encore l’efficacité. 

L’aventure de l’AfroCAN au Mali illustre encore les travers dans lesquels le sport est encore otage d’un système de prédation sans nom, s’attribuant les mérites sans consentir à des sacrifices. Abandonné à son sort, sans prise en charge, l’équipe a dû effectuer le déplacement suite au dévouement personnel du manager et quatrième vice-président de la Fédération Joe Lolonga, qui a dû se porter garant à titre individuel, sans l’appui du Gouvernement ou de la Fédération, des titres de voyages de l’équipe. 

Des conditions auxquelles sont venus s’ajouter le non-décaissement des primes et des conditions d’entraînement indignes d’une équipe professionnelle. 

Malgré cela et le black-out médiatique autour de la compétition, sans couverture de la Radio télévision nationale congolaise, l’équipe a remporté ces cinq rencontres et gagné la Coupe ouvrant la voie au premier trophée majeur de la RDC en cette année sportive. 

Au-delà des félicitations et du réveil tardif des décideurs, les choses ne se sont pas arrangées pour autant. L’équipe a été plusieurs fois menacée d’être délogée de son hôtel à Bamako. Il a fallu là encore, que le manager de l’équipe nationale fasse un énième sacrifice financier et contracte une nouvelle dette pour s’acquitter de l’hébergement. Là voilà, la triste histoire. Une équipe professionnelle aurait moralement craqué dans ses conditions. Mais nos hommes ont tenu bon et sont restés concentrés.

La cohue observée au retour à Kinshasa n’étant qu’un énième trompe l’œil. 

De nouveau abandonnés depuis quatre jours à l’hôtel Béatrice, avec une coupe « réquisitionnée » par le ministère des Sports, les joueurs et mélomanes s’inquiètent de voir qu’une fois de plus, les vieilles tares décriées hier ont toujours la vie dure. Les crédits contractés et les primes n’étant pas honorées. 

Quel message veut-on donner à ces jeunes athlètes, à quelques jours de leur départ pour l’Europe sur invitation de la deuxième équipe au monde (l’Espagne). 

Est-ce une façon de leur faire comprendre que leur sacrifice et leur dévotion ont été vains ?

Comment peut-on s’attendre à des résultats dans ces conditions ?
Pourquoi organiser des compétitions d’envergure comme les futurs jeux de la Francophonie si nos sélections ne sont qu’un instrument de marketing à des fins politiques ?

Malgré sa qualification à l’AfroBasket, l’équipe féminine elle, ne parvient pas à s’entraîner et subit les mêmes revers. 
Qui oubliera encore cet épisode honteux, où la Team A a failli être disqualifiée du deuxième tour de l’AfroBasket en Tunisie en 2017 pour des dettes non payées de 70.300 $ ? 

Le Basketball, doit-il commencer à compter sur la contribution de ses fans pour faire vivre ses ligues ? 
Que la plus haute Autorité du pays puisse intervenir pour assainir le milieu et éviter que la jeunesse sportive de ce sport qui est le deuxième le plus pratiqué en RDC, ne voit dans nos dirigeants politiques, des prédateurs plus que des bienfaiteurs.

By TyreX